Hatter M, the Looking Glass Wars

Publié le 13 juillet 2010

Frank Beddor, l’auteur de la série de romans qui réécrit le mythe d’Alice, fait aussi des comics. Et je l’ai découvert dans une librairie, figurez-vous. J’avais bien vu les couvertures des tomes consacrés à Hatter Madigan, la version maison, sauce martiale, du chapelier fou, mais j’étais persuadé qu’il s’agissait de romans sans images. Ce jour-là, c’est en gloussant comme un maniaque que je me suis dirigé vers la caisse, d’autant que la partie graphique est signée Ben Templesmith (30 Days of Night, Fell). Un gage de qualité, à n’en pas douter.

Erreur. J’ai trouvé la lecture de Hatter M. des plus décevantes. L’histoire retrace la recherche de la jeune Alyss Heart par son garde du corps. Résumée dans le roman, cette quête de treize ans emmène Hatter à travers la Terre du XIXème siècle. Ce premier tome raconte l’arrivée de Hatter à Paris (avec des dialogues dans un français plus qu’approximatif qui m’a franchemnt énervé – à l’ère de communautés globales, c’est si dur que ça de trouver un natif pour vous relire ?), re-raconte une scène du bouquin (sur 18 pages, rien que ça) et embraye sur la première fausse piste : un enfant de Budapest dont l’imagination semble attises bien des convoitises. Eh oui, une fausse piste, qui l’eût cru ? Si on a lu le roman, on sait bien qu’Alyss ne reviendra pas en Wonderland de si tôt.

Les illustrations ne m’ont rien fait, même si d’habitude je suis assez client des travaux de Mr Templesmith. Trop de scènes d’action sans souffle, des membres et des têtes tranchées à longueur de planche. Meh. Attention, ça reste beau à regarder, le graphisme et les couleurs sont très bons, mais pour je ne sais quelle raison, la sauce ne prend pas. J’en suis le premier désolé, croyez-moi.

Point WIN de ce livre, à mon sens : la suggestion que la magie de l’imagination, souveraine en Wonderland, existe aussi chez nous et que cabales et créatures savent s’en servir. Une très bonne idée qui peut déboucher sur de nombreuses péripéties, voire un univers entier (vous m’entendez, les rôlistes fans de Victorien ?)

En guise de conclusion, je poserai une question : mais qui est Liz Cavalier ? Citée comme co-scénariste, mon google-fu n’a pas su la débusquer ailleurs. Sa bio sur la jaquette est des plus mystérieuses : une voyageuse astrale, une graffiteuse des trottoirs de l’éternité, elle errerait en France à la recherche des textes cathares perdus. Si vous avez des informations sur cette personne, n’hésitez pas à les transmettre au Bureau des Enquêtes Interdimensionnelles.


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