Troisième jet : nouveaux personnages

Publié le 07 mars 2010

En planifiant le roman, il faut bien l’avouer, j’ai opté pour la facilité. Toute l’histoire est présentée du point de vue de Molesto le gobelin. Sur le moment, ça m’a paru plus simple de laisser le lecteur découvrir l’intrigue en même temps que son protagoniste. Mais à la lumière des retours de mes excellents premiers lecteurs (puissent-ils tous vivre cent ans et produire douze héritiers), je me rends compte que le roman n’y gagne ni en rythme, ni en intérêt.

Aussi ai-je pris la résolution d’ajouter deux points de vue à mon histoire. Le premier de ces personnages est le maître de Molesto, que j’avais déjà fait intervenir à la fin pour une courte scène. Comme quoi, je sentais déjà que mon approche était bancale. Les deux compères sont parfois séparés, et je pense que ça va être amusant de suivre certaines situations dans la tête – en grande partie vide – du sieur Bartolin Bravache de Poutrefier, héros en quête d’héroïsme.

Ensuite, je vais faire intervenir le capitaine Saphir, un pirate cruel que je souhaitais rendre aussi haïssable que possible. J’ai compris l’autre jour dans un moment homersimpsonesque que je n’obtiendrai cet effet qu’en forçant le lecteur à partager les pensées de l’ignoble elfelin. J’étais hésitant à l’idée de révéler trop d’informations, mais à la réflexion, Saphir est trop retors pour avoir été mis dans la confidence des plans du grand méchant. De plus, je vais pouvoir montrer un aspect du docteur Kogg qui était invisible jusqu’à maintenant : sa relation avec sa belle assistante, la mystérieuse Esmé.

C’est la première fois que je développe des scènes dans un unique but d’exposition, et c’est une approche intéressante. Les situations se construisent autour des informations plutôt que de l’action. C’est une technique que je crois vital de développer – même si je ne suis pas sûr que travailler ainsi soit possible au premier jet.

Pour savoir où placer ces scènes, et avoir une vision d’ensemble de mon histoire, j’ai fait appel à la méthode analogique : à savoir les bonnes vieilles fiches cartonnées. Il y en a une pour chaque scène – les nouvelles étant en couleur. Comme cette photo en témoigne, écrire un roman, c’est très ludique. Un de ces quatre il faudra que je mette au point une méthode qui utilise des Lego.


4 réactions sur Troisième jet : nouveaux personnages

  • Orlanth dit :

    Yeah cool !
    Tu va y gagner en intensité et le lecteur aura l’impression d’en savoir plus que les protagonistes. Ce qui est bien.

    Bref je suis content, j’ai hâte de lire ces nouvelles scènes !

  • Orlanth dit :

    Tiens d’ailleurs, c’est quoi les retours ?

  • Matt dit :

    Très, mais alors très! intéressant.

    N’ayant pas lu l’histoire, je découvre le nom des personnages, ce qui m’amène à la réflexion suivante: le processus de « baptême » des personnages, le chemin créatif derrière l’utilisation d’un nom comme « Molesto » ou « Saphir »… Feraient-elles un bon sujet pour un article futur?

    Par exemple, Molesto viendrait-il de « molest » en anglais, molester en français, ou de « molestar » en espagnol, trois verbes dont le sens est bien différent, et les connotations aussi, par voie de conséquence.

    Est-ce que, quand tu cherches un nom, tu t’abreuves d’infos de partout, du paquet de choco pops au financial times, et ensuite tu remodèles le tout? Ou est-ce que tu pars d’une résumé du perso en un mot, et que tu cherches des synonymes, des idées associées, ce genre de trucs?

  • Eric dit :

    Oh, mais comment je laisse vos commentaires prendre la poussière ! =/

    Orlanth, les retours détaillés sont rares, mais ceux que j’ai eus vont dans le même sens que les tiens. Manque de descriptions d’ambiance (mais ça c’est parce que vous êtes tous rôlistes ;) , soucis de style ici et là, des persos pas toujours crédibles.

    Matt, les noms viennent en général tous seuls. Mais je ne doute pas qu’il y ait un processus caverneux là-dessous. J’aime bien qu’ils aient une signification, même si elle n’est évidente que pour moi. Molesto par exemple, vient du français, parce qu’en tant que valet il reçoit souvent le bâton. (Enfin, c’était l’idée pour la première version du personnage, il y a sept ou huit ans de ça.)

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